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mercredi 18 avril 2018

Jaan Rääts : Compete Sonatas Vol.1 reviews


International Classical Music Awards : 2017 Nominee
Resmusica : Clef d'Or , 2017 Best Contemporary Release
Naxos Bestseller April 2017

Jean-Marie André (Crescendo-magazine – 24 february 2018) Des premières mondiales d'un "autre" compositeur estonien !
Son 7 – Livret 10 – Répertoire 7 – Interprétation 7
Si, interrogé sur le nom d'un compositeur estonien, on cite facilement Arvo Pärt, Jaan Rääts nous est, par contre, parfaitement inconnu. C'est donc l'intérêt de ce CD de nous faire découvrir, en première mondiale, six des dix courtes - elles dépassent rarement la dizaine de minutes - sonates pour piano de ce musicien de 85 ans. Il est difficile de définir le style de cet auteur prolifique. On lui doit entre autres une dizaine de symphonies, plus d'une vingtaine de concertos, un important corpus de musique de chambre et de nombreuses musiques de film ; compositeur néoclassique, on pourrait le qualifier de chaînon manquant entre un Chostakovitch énervé et un Steve Reich immergé dans un minimalisme pimenté d'influence jazzy.
Le livret bref mais très bien conçu résume en quelques lignes les caractéristiques de chaque sonate qu'il est inutile de reproduire ici. Disons simplement qu'elles couvrent la période créatrice du compositeur, les trois premières datant de 1959, la neuvième de 1985 et la dixième de 2000.
Le pianiste français, Nicolas Horvath, est un spécialiste des marathons musicaux ; il a donné un premier concert marathon de 24 heures à la maison de la radio en 2015, un autre de 11 heures avec l'intégrale de l'œuvre pour piano de Philip Glass à la Philharmonique de Paris en octobre 2016. C'est donc une nouvelle gageure pour lui d'envisager l'intégrale de ces sonates pour piano de Jaan Rääts malgré l'avantage certain de ne rencontrer aucune concurrence sur le marché du disque.
On peut regretter une sonorité quelque peu acidulée ; est-elle due au Yamaha CFIII ou à la technique du pianiste ? Quoiqu'il en soit, un enregistrement qui fera plaisir aux spécialistes de la musique estonienne et aux amateurs en quête de nouvelles découvertes plutôt originales sinon singulières.

David Denton (April 2017-David's Review Corner)
We are indebted to Grand Piano for introducing the first recordings of the piano sonatas by the octogenarian Estonian, Jaan Rääts, this being the first of two discs. Prolific in his output that includes ten symphonies and twenty-four concertos, it is Rääts’ years spent educating the present generation of composers for which he will be specially remembered. As a student he was educated in both piano and composition, the first group of three sonatas coming from 1959 when he was twenty-seven, and were made up of very short movements, the four-movement Third lasting less than seven minutes in total. It is a curious mix of tonality and atonality with a hint of Shostakovich in his spiky mode, the disc’s most extended movement, at the centre of the First, being an unspecified lament. The Second introduces a minimalist tendency and jazz influences that continue as the sonatas progress to the Ninth dating from 1985. Occasionally melody enters, as in the Grave movement of the Second, and more often in the Fourth, to which he added the title, Quasi Beatles. No quotes, though you could well believe it contains music from their popular songs. Then a time jump of sixteen years before we arrive at the Ninth, though the recipe is much the same. The most recent sonata, the Tenth composed in 2000, is in one short movement divided into three moods. Born in Monaco, the pianist, Nicolas Horvath, is known for his deep committment to contemporary music, and has already become a champion of Jaan Rääts, with whom he has worked in the preparation of these sonata recordings. Very good sound.

Dionys (Inactuelles – 4 juillet 2017) : Le Sacre de l'énergie
Vous avez dit l'Estonie ? On vous répond au mieux Talinn... et Arvo Pärt dans le domaine musical. Les mélomanes avisés mentionneront peut-être Erkki-Sven Tüür. Mais qui, en France, prononcerait le nom de Jaan Rääts ? Pourtant, ce compositeur né en 1932, longtemps professeur à l'Académie de musique, est l'auteur d'un catalogue impressionnant, essentiellement dans le domaine instrumental : musique de chambre, pour orchestre, pour piano. Aussi la rencontre entre le pianiste Nicolas Horvath, ambassadeur fougueux de cet instrument et défricheur infatigable des musiques d'aujourd'hui, et Jaan Rääts était-elle quasiment inévitable, d'autant plus que l'estonien revendique hautement sa liberté musicale : « Je n'aime pas les systèmes rigides, affirme-t-il. J'aime absorber le matériau musical, le filtrer, développer son potentiel émotionnel là où c'est nécessaire. Je l'utilise comme un tremplin pour mon imagination... » Je ne m'évertuerai donc pas à lui accrocher une ou plusieurs étiquettes, ce à quoi se réduit parfois la critique musicale qui en profite pour nous assener ses derniers anglicismes agressifs, manière faussement innocente de nous prouver qu'elle est à la pointe de la pointe des nouveautés. Je vous invite tout de suite à la lecture du beau livret - bilingue dont notre belle langue - qui propose une analyse musicologique abordable, très juste. Pour ma part, au lieu de prendre les sonates chronologiquement comme le fait Ed Distler, compositeur et pianiste auteur du livret, je les aborderai au fil du disque.
En effet Nicolas Horvath, qui a préparé ce premier volume avec le compositeur, a choisi de commencer son programme par la neuvième sonate. Le premier mouvement est comme un coup de tonnerre : répétitions obstinées d'accords, arpèges tourbillonnants, qui se résolvent par moments en micro séquences élégiaques vite emportées dans le déluge pianistique . Un hymne aux forces vitales qui n'exclut pas comme un éloge du mystère. Ô comme cette musique fait du bien, nouveau sacre du printemps pour le piano ! Le second mouvement reprend en mineur les thèmes du premier pour une promenade incantée par des boucles minimalistes et des afflux d'énergie : miracle d'une écriture libre, aérée, aux incroyables beautés mélodiques inattendues. Le dernier mouvement est au croisement des deux premiers, torrentueux, faillé par des staccatos puissants, des falaises de notes répétées : la puissance accouchant d'instants de grâce. Il y a du volcan chez Jaan Rääts. La musique jaillit comme un feu d'artifice sublime : quoi de mieux pour ouvrir un album ? Les six minutes de de dixième sonate, en un seul mouvement, offrent comme un condensé de l'univers de Rääts : transitions abruptes, contrastes puissants, surgissements de sources vives avec arpèges éblouissants, moments de calme et d'ironie sereine, dissonances et répétitions explosives à faire pâlir de jalousie le pulse reichien. Cette musique est aux antipodes de la musique de salon. C'est une musique sauvage, une bête indomptée, fantasque et fascinante justement par le jeu de sa libre souplesse. C'est une musique généreuse, dispensatrice d'une joie extraordinaire !
   La suite de l'album reprend les sonates dans l'ordre, de la première à la quatrième. et l'on s'aperçoit, à l'écoute de la numéro 1, de la fantastique liberté à l'œuvre dès l'origine. Avec son premier mouvement qui court sur une seule ligne mélodique non accompagnée, comme un équilibriste grisé par sa folie, elle bouscule pourrait-on dire tous les attendus, tandis que le second déploie une veine sombre, très lente, dramatisée par de puissants accords plaqués et une sorte d'éclatement du tissu mélodique, paradoxalement enchantée par des retours lancinants, poignants. Le trio, comme le remarque Jed Distler, évoque en effet par moment la virtuosité ébouriffante des études pour piano mécanique de Conlon Nancarrow, mais disloquée par des bouffées extatiques et des accès de douceur, une cavalcade effrénée. La seconde sonate est tumultueuse à souhait, étincelante, obstinée, rageuse, et un brin mystérieuse, à mi-chemin du ragtime et de Janàček (oui, Jed Distler !). Avec un troisième mouvement noble et grave, à l'intensité croissante, d'une confondante beauté hypnotique !! La troisième sonate commence de manière dramatique par des accords hiératiques avant de développer une langueur vite réinvestie par une marche solennelle, alors que le second mouvement est vif-argent, espiègle canon qui cède la place à un adagio fragile et mystérieux, puis un allegro étourdissant curieusement troué par quelques secondes à la Morton Feldman.
L'album se termine avec la quatrième sonate "quasi Beatles" : c'est un régal de virtuosité allègre, joyeusement dissonante parfois. Musique folle, qui martèle jusqu'à l'outrance certains motifs, en écho notamment à " A Day in the Life" de l'album Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band. Quelle jubilation ! Un orage magnétique, des gerbes éblouissantes !
Un disque magnifique à la prise de son impeccable, servi par un Nicolas Horvath que l'on sent dans son élément, inspiré, serviteur passionné de l'énergie du Balte. À écouter sur une bonne chaîne si possible, il faut le répéter dans ce monde envahi par les formats compressés.

Rob Barnett (May 201 - Gramophone)
The first three piano sonatas all date from 1959 and they established Rääts as a champion of succinct and accessible expression. The First is in three movements and play for just over eleven minutes. It ends impressively with a weighty and tolling serenity verging on the lugubrious and the desolate. The harmonic language is cleanly dissonant. The Second, like the Third, is in four movements. It includes a rapid-fire first movement racing along like a Nancarrow miniature on speed. There is a jazzy underpinning to this piece. The Third is from the same year and plays for just short of seven minutes. Its plodding, tender, imperious bell-swung first movement is followed by an intricately stalking second, a hesitant third and another fast-coursing Pianola- style movement which then finds time to morph into passive quietude. Don't let the Fourth's Quasi Beatles title fool you. There are some pleasing and confidingly melodious moments but it makes creative play with dissonance, both subtle and grinding. The Ninth pounds and pummels yet has a tracery of Bachian humanity about it. The Tenth is in one movement. It too picks up on writing that involves wild-eyed trilling. These trills often spin out into violence. To contrast with this there is a restful Finzian spirit abroad (1.50). The listener may be lulled but there is reason to be watchful. Rapid changes of mood, tempo and harmony are the order of the day. I can imagine these pieces appealing strongly to Joanna MacGregor. They are very much in that vein.
Nicholas Horvath seems in masterly command of Rääts' often dark yet gleaming materials whether in propulsion or in the hypnotic doldrums. As for the audio side the sound is gripping whether the music is hammering away or close to silence. Jed Distler is at the tiller for the liner essay which does an accessible and informative job just as you would expect from this expert communicator. Grand Piano are good at series so don't expect to wait very long before the next disc appears.

Philippe-Emmanuel Krautter (Lexnews - Édition Semaine n° 36 / Septembre 2017)
Nicolas Horvath est un pianiste talentueux de renommée internationale et que ne rebutent ni le travail, ni l’audace et le courage, pour preuve ces trois parutions discographiques qui témoignent non seulement de ce courage éditorial, mais également de l’excellence des interprétations proposées.
Découverte enfin avec le troisième enregistrement constituant le premier volume de l’œuvre complète des sonates pour piano de Jaan Rääts, compositeur estonien, élève de Nikolaï Rimski-Korsakov, aux réminiscences de Prokofiev… Nicolas Horvath a travaillé avec cet artiste à l’inspiration puissante qui irradie ses œuvres. Accords plaqués et arpèges vertigineux confèrent à cette musique une dissonance postmoderne. Tout est convoqué dans la musique de Jaan Rääts, l’oreille pourra discerner en filigrane de discrètes évocations folkloriques, le compositeur poussera même la curiosité jusqu’à étudier le style de Philip Glass.
Le talent de Nicolas Horvath se joue des difficultés dans cette musique qu’il affectionne manifestement, les ponts entre Satie et Glass avec Rääts transparaissant ici de manière saisissante, et on se laisse volontiers emporter...

Marvin Rosen (WPRB - Classical Discovery - Rockin' Rääts special day, 18 august 2017)
I love Nicolas Horvath's Rääts Cd

Francis Benoît Cousté (24 juin 2017) Trois nouveaux enregistrements Satie, Glass et Rääts
Éminent pianiste français, Nicolas HORVATH vient de publier, chez Grand Piano, trois albums mémorables
D’un compositeur estonien par trop ignoré en France (considérable est toutefois son œuvre instrumentale : 10 symphonies, 24 concertos, quantité de musique de chambre, musiques de film), voici les pièces retenues pour ce premier enregistrement français : Sonates 1, 2, 3, 4, 9 et 10.

Gapplegate Modern Music Blogspot (9 june 2017)
Oh, the things we will hear once we open our ears! There is so much out there. There is Jaan Raats (b. 1932) a name as unknown to me as the umlauts in his name (that my current writing program cannot produce). The World Premiere recordings of his Complete Piano Sonatas 1 (Grand Piano 765) as deftly handled by pianist Nicolas Horvath is something of an event, The music has a dash and panache that is as revelatory as it is appealing, This first volume gives us sonatas 1-4 and 9-10; the first three hail from 1959, No. 4 from 1969, No. 9 from 1985, rev. 2014 and No. 10 from 2000, rev. 2014. His is a very motile, dynamic modernism that takes maximum advantage of the percussive nature of the instrument.
The music is not quite like anything else. The long span between the first and tenth sonatas does not at first listen show a huge stylistic change, there is a pronounced Raats-like quality to all of them. But that pronounced originality is the constant thread that makes the entire program stand out as special. Jaan Raats has found a way to be modern without being what one might expect. That is something to appreciate. Explore this music and find another musical world awaiting!

Jean-Luc Caron (Resmusica - 7 septembre 2017) Clef du Mois (meilleure parution classique du mois de septembre 2017) , Clef d'Or (meilleur enregistrement de musique contemporaine de l'année 2017)
Dans les années 1960 un groupe de compositeurs estoniens s’est hissé à un haut degré de créativité. On connaît les noms de Veljo Tormis, Eino Tamberg et Arvo Pärt, beaucoup moins celui de Jaan Rääts.
Cet élève des conservatoires de Tartu et Tallinn fut aussi un étudiant de l’excellent Heino Eller avant de devenir ingénieur du son à la Radio estonienne, responsable des programmes musicaux et enfin directeur de la musique à la Télévision de son pays. Rääts, président de l’Union des compositeurs estoniens et professeur à l’Académie de musique d’Estonie, n’a pas négligé la composition montrant une préférence certaine pour la musique instrumentale où se côtoient deux symphonies, vingt-quatre concertos, de la musique de chambre et des partitions pour le cinéma.
Parmi ses œuvres consacrées au piano seul se détachent dix sonates, peu courtisées, que le pianiste français Nicolas Horvath défend avec fougue, enthousiasme et brio. La présente livraison nous permet d’en découvrir six, écrites entre 1959 et 2014, révisions incluses. Toutes profitent de l’acquisition d’une multiplicité de sources au profit d’une écriture, sinon foncièrement originale, du moins singulière et personnelle. La Sonate n° 9 (1985, rév. 2014) fait usage dans son premier mouvement de répétitions de blocs d’accords et de brefs motifs enrichis de douces dissonances ; le second mouvement apaisé repose sur des salves d’arpèges souples tandis que le troisième et dernier propose une accélération dynamique urgente. La Sonate n° 10 en un seul mouvement (2000, rév. 2014) organise une série de confrontations de notes pointées et d’accords dissonants où s’expriment des sections élégantes et d’autres davantage rugueuses. Si ces deux dernières sonates s’appuient sur une sophistication certaine de la pensée et de l’écriture, elles doivent encore beaucoup au climat de la Sonate n° 1 (1959) d’où émerge une ligne mélodique unique discernable (Allegro), puis  un climat nostalgique orgueilleux  (Grave)  et enfin un flux sonore rapide, râpeux et martelé (Allegro final). Des rapports discrets mais certains à plusieurs chansons des Beatles rendent compte du sous-titre de la Sonate n° 4 de 1969.
Les Sonates pour piano de Rääts méritent notre attention et s’éloignent, non sans réussite, des schémas traditionnels, créant un monde sonore propre et attractif. A découvrir.

Kari Nevalainen (inner-magazines – december 2017) Jaan Rääts angled piano sonatas
Jaan Rääts (b. 1938), contemporary of eg. Veljo Tormis and Arvo Pärt, two other prominent Estonian composers, is perhaps best known for his pieces he’s written for the piano – especially the ten piano sonatas, the earliest of which are from half a century ago.
A quite a clever selection of the sonatas are documented on the album (Grand Piano) in which Nicolas Horvath plays three smaller sonatas from 1959, sonata “Quasi Beatles” from the 60s, the ninth sonata from 1985 and the latest sonata, the tenth, from 2000.
If there’s one word that would describe Rääts’ musical thinking as it manifests itself in these piano sonatas and the disc, it is its originality, and why not, oddity too.
On the one hand, the music is, as one critic put it, playful, obsessively aggressive, lyrical, hacking, rhythmic, and minimalistic. Stylistically postmodern, if you like. On the other, it’s characteristically inorganic, structurally angular and texturally somewhat heavy. This last aspect makes the music kind of onerous to inhale. But Rääts’ sonatas also present clear-cut, non-trivial and first and foremost, highly energetic music.
The sonata “Quasi Beatles” is from the best end. Some of the famous themes are audible but the focus is on tightly controlled expressivity.
From time to time less intrusive sonics might have served Rääts demanding musical eruptions better. However, the sonatas’ slightly mechanical nature distances them from purely acoustic performances. The notation, not the natural acoustics, becomes the true reference, and the close recording is in a better position to reveal what goes on in the music. It supports the music’s energicity as well

SM (Qobuz)
Avec Tormis et Pärt, le compositeur estonien Jaan Rääts (*1932) fait partie d’un groupe d’artistes qui émergea dans les années 1960 et avec lesquels la musique estonienne trouva sa place au centre du répertoire moderne, embrassant les styles, les philosophies et les techniques développées parmi les compositeurs occidentaux de l’après-guerre. Les sonates de Rääts présentent une fusion organique sophistiquée de contraires. On y trouve une simplicité enjouée à la Satie, d’âpres dissonances post-modernes, une obsession minimaliste, des rythmes durs et énergiques, et des gestes d’un lyrisme poignant. Des références à plusieurs styles – y compris Les Beatles dans la Quatrième Sonate de 1969, même si Rääts ne reprend aucune mélodie des « Fab Four » mais se saisit plutôt de leur modèle d’écriture –, des citations et des motifs se succèdent rapidement ou se bousculent mutuellement. Superficiellement, on pourrait hasarder une analogie avec le style typique de Schnittke, ou avancer non sans raison que Rääts serait le chaînon manquant entre Chostakovitch et Steve Reich. Le pianiste Nicolas Horvath qui, malgré son nom à consonance hongroise, est monégasque de naissance, nous offre ici le premier volume des dix sonates de ce compositeur dont il s’est fait l’enthousiaste champion, en première discographique mondiale.

Jean-Marc Warszawski (musicologie.org 22 juin 2017)
Belle découverte avec le premier de deux cédés consacrés aux sonates pour piano de Jaan Rääts, compositeur estonien né en 1932, qui, parallèlement à son œuvre de création, fait une brillante carrière à la radio-télévision estonienne, pour en devenir directeur des programmes musicaux, puis directeur de la musique dans les années 1970, poste qu’il quitte pour assumer la Présidence de l’Union des compositeurs. Il est par la suite professeur de composition à l’Académie nationale de musique. Ses œuvres ont été de nombreuses fois primées.
Il est sans conteste un musicien postmoderne dont les pièces intègrent un large spectre d’influences explicites, où musique répétitive et jazz dominent (jazz dès la première sonate de 1959), mais encore où se manifeste des réminiscences de Chostakovitch. On peut apprécier l’influence occidentale, mais  la concrétion est, au moins dans les premières œuvres, plutôt russe, malgré l’absence de sentiment épique,  par l’affrontement du lyrisme et de violents accords voire clusters, parfois le côté brut de décoffrage, ou art naïf qui peut faire penser à des toiles de Malévitch, une « simplification » apparente qu’on retrouve chez Arvo Pärt ou Pēteris Vasks.
Ce cédé est un première mondiale, Nicolas Horvath a eu la chance de pouvoir le préparer avec le compositeur.

Gramola.at
Auch Jan Rääts ist einer der führenden estnischen Komponisten. Selbst Schüler des großen Heino Eller, wurde er später selbst vor allem als Pädagoge bekannt und bildete u.a. Erkki-Sven Tüür aus. Rääts ist ein polystilistischer Komponist, einer, bei dem man nie weiß, was einen erwartet. Seine durchgehend tonale, dennoch rundum moderne Musik ist sehr abwechslungsreich und spannend. Nicholas Horvath, bekannt durch seine Reihe mit der vollständigen Klaviermusik von Philip Glass bei Grand Piano, ist seit Jahren mit Jaan Rääts befreundet. Der Komponist schrieb viele seiner Klavierwerke für Horvath, der hier nun den Auftakt zu sämtlichen Klaviersonaten des Esten bei Grand Piano vorlegt.

Romaric Gergorin (Classica – June 2017) Rating : ★★★ Audio : ★★★
Ces six sonates de Jaan Rääts interprétée avec une belle énergie par Nicolas Horvath sont une heureuse surprise. Enregistrées pour la première fois, alors que ce compositeur estonien, ancien député de Tallinn, à tout de même quatre-vingt cinq ans, elles évoluent dans un univers tonal mais aucunement tournées vers le passé, et n'hésitent pas à manier des dissonances  postmodernes et une brutalité à la Prokofiev. Les trois premières sonates , écrites en 1959, kaléidoscopiques, alternent différents registres, entre le déclamatoire, le pastiche et l'expressivité exaltante, et ne sont pas sans rappeler une certaine veine du Satie, de la période humoristique, en moins acerbe et concis. La Sonate n°4 «Quasi Beatles», composée en 1969, manie les quintes descendantes propres au groupe de Liverpool ainsi que leurs changements de rythmes, avec aussi des clins d'œil à certains de leurs titres les plus fameux comme A day in the life. Dans sa Sonate n°9 en 1985, Jaan Rääts fait évoluer son style, en intégrant l'apport des minimalistes américains, en particulier Steve Reich. Les accords répétitifs juxtaposent différents blocs sans parfois éviter le sentimentalisme nauséeux d'un Philip Glass quand il succombe au pathos.
La Sonate n°10, datée de 2000, élégante et diverse, manie les ruptures de registres avec une fluidité altière, avec des pointes de brutalité affleurant parfois, dominée par des lignes minimalistes plus sereines et un art des contrastes qui s'avère être la marque de fabrique de ce compositeur qui regarde loin vers l'horizon sans totalement larguer les amarres — nous ne sommes pas non plus dans la frénésie des Études pour piano de Ligeti ni dans le déchaînement des Sonates de guerre de Prokofiev. Mais un charme singulier baigne cette musique d'une quête de rupture et d'un monde à part, entre lyrisme et dureté, éloquence et concentration.

unCLASSIFIED (21 avril 2017)
Beautiful new recording of Räät's sonatas from Nicolas Horvath and Grand Piano Records. Featured on Brain Fuel this month!

Richard Kraus (Musicweb-international - Febuary 2018)
This arresting set of sonatas by an Estonian master is music that many will enjoy a lot for its spikey melodies, interesting rhythms, and playful sensibility.
I had not heard any of the music of Jaan Rääts before this disc, which I now understand is my loss. Here are six attention-grabbing piano sonatas by a contemporary master from Estonia who should be better known.
Ranging between six and eleven minutes long, the sonatas are small in scale and rather meticulously crafted, yet they feel much larger in terms of ambition and impact. Rääts’ musical language is high-energy, with sharp, sometimes syncopated, rhythms and occasional blues intervals. His fondness for repeated chords suggests a touch of minimalism, although the music is rugged rather than smooth.
Pianist Nicolas Horvath begins with a pair of sonatas which Rääts revised in 2014. No. 9 opens dramatically, and follows an emotional trajectory across three movements of assertion, followed by introspection, revolved by a somewhat tempered affirmation. No. 10 also conveys a sense of connection to tradition, yet using unconventional means to show it. This sonata sounds more improvisatory, although that is likely an illusion created by the composer, skillfully abetted by Horvath.
The three earlier sonatas of Opus 11 utilize more jazzy touches, which must have been remarkable in 1959 in Soviet Estonia. Sonata No. 1 opens with a spikey prelude and no chords at all. The grave is calm and rather static, while the final allegro comes close to boogie-woogie frenzy. Sonata No. 2 follows a similar arc, with outer movements showing bad-boy instincts, while a chorale surprises with its patient and sustained power. Rääts’ juxtaposition of radically conflicting musical sides reminds one of Poulenc. It is fun to listen for musical influences and analogies in Rääts’ constantly engaging and highly original music. The third of the Opus 11 sonatas closes with a final movement of the sort of stubborn persistence you sometimes find in Hindemith. The boogie-woogie theme seems so relentless as to be not quite human, perhaps a mechanical construction by Conlon Nancarrow, until it gives way to quiet calming chords.
The “Quasi Beatles” Sonata No. 4, from 1969, contains hints of the Beatles, but no actual quotations. I missed many of the pop references, but Jed Distler’s fine notes offer help for the terminally egg-headed. This sonata features some of the flashiest playing on the disc.
Nicolas Horvath is an energetic and sensitive performer, who plays as if these short sonatas are masterpieces, and perhaps they are. The artist’s conviction certainly helps carry the listener along. Horvath has previously recorded Glass and Satie, two other distinctive voices.
The sound quality is fine. The piano rattles and clangs a bit, but never more than fits Rääts’ exuberant music. I look forward to volume 2.

Kare Eskola (Yle) Jaan Rääts - betonibrutalismia virolaisittain
Levyllä kuullaan kolme pikkusonaattia vuodelta 1959, "Quasi Beatles"-sonaatti kuusikymmenluvulta, yhdeksäs sonaatti vuodelta 1985 ja viimeinen eli kymmenes sonaatti vuodelta 2000. Pitkästä aikavälistä huolimatta musiikki on yhtenäistä ja erittäin omaäänistä. Leikkisyys, pakkomielteinen aggressio, koskettava lyyrisyys, hakkaavat rytmit, minimalismi sekä tietysti postmodernismi tyylilainoineen ja asenteineen sekoittuvat tai oikeastaan vaihtelevat nopeasti, kun taas orgaaninen kehittely ja sarjallinen yhtenäiskulttuuri loistavat poissaolollaan.
On helppo ymmärtää, miksi Räätsistä ei tullut kuuluisaa. Omaperäinen, jopa trendikäs postmodernismi ei paljon auta, kun musiikki on rakenteeltaan kantikasta ja raskasta kuin Tallinnan Mustamäen betonibrutalismi. Parhaimmillaan Räätsin sonaatit kuitenkin ovat lennokasta, selvärajaista ja energistä musiikkia, ja etenkin "Quasi Beatles" -sonaatissa tarjolla on avartavaa ajankuvaa.
Nicolas Horvath soittaa kolisevalla kosketuksella

mercredi 8 février 2017

Philip Glass 80 Celebration at Carnegie Hall

My dear friends

Back from the Carnegie Hall Madness of my contribution to the 80 Glass Celebration with a Glass Solo Piano Marathon , i just found out some very nice videos on Facebook that were made by the audience !

I am then sharing them with you for the ones that missed the event !

Here enjoy some parts of 2 pages :

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fdaniel.boeri%2Fvideos%2F1472954072716076%2F&show_text=0&width=400

And here a part of How Now

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fcarolinebergonzinyc%2Fvideos%2F10155049239264623%2F&show_text=0&width=400



lundi 12 décembre 2016

Glass : GlassWorlds Vol. 5 reviews




David Denton (David's Review Corner, October 2016)

The fifth volume in the complete piano works of Philip Glass contains two of his most extended works in the genre, Mad Rush and the highly complex 600 Lines. Though he distanced himself from Minimalism, Mad Rush is surely one of the perfect examples of that movement, the score almost of a mystic quality at odds with its title. It is also a score that remains in the memory, even to an extent that you cannot loosen yourself from it, but continue to hear it for days afterwards. Originally an organ piece, it was later given its name Mad Dash when adapted for a piano accompaniment used by a modern ballet company. The work’s twenty minutes is dwarfed by 600 Lines that plays for twice that length and was originally composed for the Philip Glass Ensemble in 1967, and was only many years later adapted for solo piano. Shaped as a restless toccata whose subtle shifts around a musical kernel of five notes is as taxing on the performer as on the listener, the changes of rhythm as complex as the changes of the note patterns. As a Glass enthusiast, I confess I find its length something I would not often return to, despite the advocacy of the pianist, Nicolas Horvath, in this premiere recording. Two short pieces revisits his Metamorphosis Two—maybe you will spot the changes from the version on volume three of this series—and a solo piano arrangement of Paul Simon’s lush harmonies in The Sound of Silence. Horvath is the unfailingly promoter of Glass, and in very good sound quality.



Rob Haskins (March 2017-American Record Guide)

Mr Horvath continues this fascinating survey of Glass’s piano music with performances that satisfy me completely



Philippe-Emmanuel Krautter (Lexnews - Édition Semaine n° 36 / Septembre 2017)

Nicolas Horvath est un pianiste talentueux de renommée internationale et que ne rebutent ni le travail, ni l’audace et le courage, pour preuve ces trois parutions discographiques qui témoignent non seulement de ce courage éditorial, mais également de l’excellence des interprétations proposées.

Plus de proche de nous, le deuxième enregistrement est consacré au compositeur Philip Glass ; Philip Glass égrène les notes de ses compositions comme autant de rappel à nos sens engourdis. Cloches, battements, chapelets sonores défilent dans des mélodies épurées que Nicolas Horvath parvient à saisir avec une acuité étonnante dans ce cinquième et dernier volume qu’il a consacré au compositeur. Mad Rush envoute, hypnotise pour ouvrir à de nouveaux paysages, tour à tour suggérés, rapprochés ou simplement entraperçus. 600 lines étonne et ravit par son ascétisme hypnotique, Philip Glass ayant pour cette œuvre travaillée avec Ravi Shankar. Véritable haïku sonore, l’épure fait paradoxalement naître une profusion d’images et de sensations quasi corporelles, mantra acoustique des temps modernes… Dernier clin d’œil de cet enregistrement Philip Glass, la transcription pour piano du compositeur du fameux « The sound of Silence » de Paul Simon…



Jasemin Khaleli (Magazin Klassik-8 december 2016) Zauberwort Entschleunigung

Rating : Interpretation: ★★★★ Klangqualität: ★★★★ Repertoirewert: ★★★★ Booklet: ★★★



Mit durchaus meditativen Qualitäten begeistern Nicolas Horvaths präzise und fein gedeutete Glass-Interpretationen.

Nicolas Horvath scheint ein Faible für Vollständigkeit sowie interpretatorische und physische Herausforderungen zu haben. ‚Quält‘ er sich beispielsweise in einer 48 Stunden-Version mit Erik Saties 'Vexations' oder gibt alle 'Nocturnes' von Frédéric Chopin an einem Abend zum Besten, füllen des Öfteren auch Philip Glass‘ Stücke das Konzertprogramm. Sie sind bei Horvath dabei in besten sowie in festen Pianistenhänden, würdigte er in den vier bislang im Hause Grand Piano veröffentlichten Platten (‚Glassworlds‘ 1-4) den bedeutenden Minimalisten, Opern- und Filmmusikkomponisten. Gebündelt werden die Stücke dabei mehr unter dem konzeptionellen Gesichtspunkt spannungsgenerierender Variabilität als chronologischer Geradlinigkeit und so sollen nun ‚nach Beginn, Virtuosität, Verwandlung und Liebe‘ (so Nicolas Horvath im Booklet) die ‚spirituellen Kompositionen‘ in ihrer Raffinesse und ihrem Nuancenreichtum zum (Er-)Leuchten gebracht werden.

Wie ihre Vorgänger enthält auch diese Glass-Welt Weltersteinspielungen: Im Mittelpunkt stehen die beiden großangelegten Stücke 'Mad Rush' und das ‚Übungsstück‘ '600 Lines', das, bereits 1967 für das Philip Glass Ensemble komponiert, in der Version für Klavier erstmals auf Tonträgern festgehalten ist. Ebenso betrifft das die beiden kurzen, den Hauptwerken angehängten Stücke, die jüngste Version des zweiten Satzesaus dem Klavierwerk 'Metamorphosis' und die Transkription des Songs 'Sound of Silence' von Paul Simon.

Für 'Mad Rush' (1979), ursprünglich für Orgel, sind klangliche Kontraste charakteristisch: Atmosphärische, träumerisch-friedvolle Klangflüsse brechen fast schmerzlich in unnachgiebige Sechzehntel-Arpeggien und hämmernde Tonrepetitionen aus – ein Hörerlebnis, zu dem der perkussive und glasklare Anschlag des Klaviers sicherlich seinen Teil beiträgt. Aber weit mehr als das Kräftemessen ruhiger und rasanter Passagen ist 'Mad Rush' eine dramatische Erzählung, in beinah versteckter Sonatenform werden Klanggebilde exponiert, überlagert, aufgepeitscht, aufgelöst und verklingen schließlich im Nirgendwo. Angelegt ist hier bereits die melancholische, über eine kreisende Bassstimme geführte Linie aus 'Metamorphosis Two', sodass sich die Neufassung in logischer Konsequenz anschließt.

Psychedelischer Schwerelosigkeit wird der Zuhörer in '600 Lines' jäh entrissen. Die mit über 40 Minuten Dauer schier endlose monodische Verkettung der fünf Töne C, D, E, F, G und die dominanten Quartsprünge haben etwas Radikales und Ungehörtes von karikierend fröhlicher Einfachheit an sich. Der Eindruck einer beliebig erweiter- und beendbaren, den Gesetzmäßigkeiten von Zeit völlig lossagenden Kombination trägt eindeutig die Handschrift des Minimalisten und führt ein fortan etabliertes Organisationsprinzip vor Augen, das seinen Anfang von Glass‘ Kontakt mit indischer Musik nahm. Melodisch wieder versöhnlicher rundet dann Glass‘ nur einmal (zur Verleihung des Gershwin Prize an Paul Simon im Jahr 2007) vorgetragene Popsong-Bearbeitung die Einspielung ab und bewegt sich mit den überlagerten Zweier- und Dreierrhythmen wieder auf den Ausgangspunkt des Programms zu.

Glass‘ Kunstgriff sind kaum merkliche Veränderungen in einem Kreislauf der Wiederkehr, die Horvath mit feinem Gespür für packende Spannungsbögen ausgestaltet. Aus Reduktion und vermeintlicher Statik entstehen hier Stimmungsbilder, die mit großer Sensibilität und Ernsthaftigkeit ein ganzes Spektrum an Einfärbungen offenbaren – und eine Musik, die von ihren bereitwilligen Zuhörern erlebt werden will und ihnen den Freiraum gibt, bei sich selbst zu verweilen.



Björn Gustavsson (June 28, 2017 - Magasin Opulens)

Och det som hos mig glimmat kanske mest denna försommar är Philip Glass Glassworlds (Grand piano, distribueras av Naxos), fem volymer med Philip Glass pianomusik, kongenialt sensibelt framförd av Nicolas Horvath. Hängivet återger Horvath såväl det mikrokosmiska, repetitiva myllrandet som den meditativt egensinniga, storskaliga magi som mynnar i nya, vida världar. Ett måste för alla Glass-älskare!



Klaus Heymann (October 2016 - KLAUS HEYMANN REKOMMENDERAR!)

This fifth volume in our ongoing cycle contains some rare treats for Philip Glass fans, not least in the first recording on solo piano of his 600 Lines (a hypnotic toccata reflecting the influence of Ravi Shankar) and the première on disc of Metamorphosis 2. The vivid contrasts of Mad Rush and the composer’s sole example of an arrangement (Paul Simon’s The Sound of Silence) complete the programme. Pianist Nicolas Horvath’s previous releases in the set have attracted many plaudits



Francis Benoît Cousté (24 juin 2017) Trois nouveaux enregistrements Satie, Glass et Rääts

Éminent pianiste français, Nicolas HORVATH vient de publier, chez Grand Piano, trois albums mémorables

Suite aux quatre premières stations du cycle de la vie (Opening, la Virtuosité, la Métamorphose, l’Amour), Nicolas Horvath nous propose, cette fois, « Enlightenment »



Salvatore (Naxos Deutschland Blog - 23 janvier 2017)

Fast schon könnte man glauben, dass die Musik des US-amerikanischen Minimal-Music-Komponisten Philip Glass ein wenig aus der Mode kommen sollte. Immerhin drängen immer mehr junge „postmoderne“ Komponisten ins Rampenlicht, aber das Gegenteil ist der Fall. Glass’ Musik ist aktueller denn je. Sie wird nicht nur von Komponisten wie Max Richter, Yann Tiersen und Ólafur Arnalds als Inspirationsquelle und Vorbild genannt, eine Fülle von jungen Musikern widmen sich mit Leidenschaft und Raffinesse der Musik des vom Establishment nicht immer gern gesehenen Grenzgängers.

Der monegassische Pianist Nicolas Horvath hat sich vorgenommen, Philip Glass‘ vollständiges Klavierwerk aufzunehmen. Das schließt auch zahlreiche Transkriptionen für Klavier seiner Orchesterwerke und Filmmusiken ein. Horvaths Reihe „Glassworlds“ ist mittlerweile beim fünften Teil angelangt und stellt immer wieder nicht nur bekanntes Material, sondern auch Raritäten vor. „Enlightenment“, so die Überschrift des fünften Volumen, enthält gleich drei Weltersteinspielungen: „Metamorphosis Two“ (in der Fassung für Soloklavier), „600 Lines“ und dazu, quasi als Zuckerstückchen, die Transkription von Paul Simons Welterfolg „The Sound of Silence“. Darüber hinaus enthält das Album eine Aufnahme des Schlüsselwerks „Mad Rush“ von 1979. Dessen erster Teil wurde später zur berühmten „Opening From Glassworks“, der zweite Teil wurde im Koyaanisqatsi-Soundtrack in „Vessels“ wiederverwertet, der dritte Teil tauchte im sechsten Satz des dritten Streichquartetts „Mishima“ auf und der vierte wurde in „Metamorphosis Two“ wieder aufgegriffen.

Herzstück des Albums ist das rund 40-minütige „600 Lines“. Im Booklet nennt Horvath das Werk »das radikalste und faszinierendste Stück, das Philip Glass komponiert hat« und erläutert: »Die fünf Töne C, D, E, F und G, die in ständigen Mutationen von großer, raffinierter Komplexität organisiert sind, wecken durch ihre Wiederholung den trügerischen Eindruck einer zyklischen Struktur.« Diese »obsessive, hypnotische Toccata« mit epischer Länge ist ein Lehrstück, wie Minimal Music in nucem funktioniert: Ein bewusst eingeschränktes musikalisches Vokabular wird durch Wiederholungen, leichte Taktverschiebungen und gemächliche Mutationen zu einem hypnotisierenden Klanggebilde.

Nicolas Horvaths Stärke ist seiner traumwandlerische Vertrautheit mit dem Material und seine technische und interpretatorische Souveränität. Hier wirkt, trotz stellenweise sehr rascher Tempi, nichts überhastet oder flüchtig. Jede einzelne Note erhält genügend Zeit (und Raum), um sich frei entfalten zu können. Dabei gelingt ihm das Obsessive, Mechanistische der „600 Lines“ mit derselben Überzeugungskraft, wie die sehnsuchtsvolle Reduktion in der leider viel zu kurzen „Sound of Silence“-Transkription.

Eine besondere Erwähnung verdient auch die kluge Wahl der Instrumente, ein Fazioli Grand Piano bei den Minimal-Stücken, ein Steinway Model D bei der Paul-Simon-Bearbeitung. Es ist der fantastischen Klangregie des Produzenten Nikolaos Samaltanos und des Toningenieurs Evi Iliades zu verdanken, dass die ganz eigene Magie der Musik Glass’ in der protestantischen Saint-Marcel-Kirche plastisch und natürlich aufgenommen wurde.



Mike Shooter (La Vos de los Vientos – 11 july 2017)

Hace algo más de dos años comentamos aquí el primer volumen de “Glassworlds”, la serie de grabaciones que Nicolas Horvath comenzaba a publicar entonces con la obra para piano de Philip Glass. Como estaba previsto entonces, la colección llegó a los cinco volúmenes incluyendo en ellos música originalmente escrita para piano así como un buen número de transcripciones, apareciendo de forma esporádica algún estreno absoluto, al menos en formato grabado.

Como el orden estrictamente cronológico no es algo que acostumbremos a llevar de un modo estricto en el blog, nos saltamos por ahora los volúmenes que van del dos al cuatro y pasamos directamente el que cerraba la serie, subtitulado “Enlightment” (iluminación). En él, Horvath nos muestra dos obras de la larga duración acompañadas de otras dos más breves que, en cierto modo, son estrenos.

“Mad Rush” - Hemos comentado ya varias versiones de esta composición por lo que poco podemos añadir al respecto. Queremos hacernos eco, eso sí, de las reflexiones del propio Horvath al respecto, que tienen mucho que ver con el título del disco. Según el pianista, Desde su estreno en 1979, “Mad Rush” ha ido evolucionando a través de sus versiones en directo a cargo del propio Glass. Como si con el tiempo, la pieza hubiera ido creciendo. Ese nuevo tratamiento se refleja aquí un una ejecución muy expresiva que reduce en cierto modo los fuertes contrastes entre las diferentes secciones de la obra sin perder ni un ápice de su fuerza.

“Metamorphosis Two” - Algo parecido a lo que acabamos de comentar ocurre con esta pieza, parte del ciclo de composiciones para piano más popular del repertorio de su autor. Afirma Horvath que la pieza ha cambiado y que la versión que Glass interpreta en los últimos quince años en sus conciertos es diferente de la original, tanto como para llegar a indicar en las notas del CD que esta grabación es la primera de la “nueva” obra. El cambio es sutil. Tanto que incluso sabiendo dónde se encuentra nos cuesta identificarlo aunque también es posible que después de haber oído tantas veces la pieza en diferentes formatos y versiones, no tenemos una versión “canónica” fijada en la memoria que nos haga reconocer de inmediato cualquier variante de la misma.

“600 Lines” - La obra más extensa de la colección es esta transcripción para piano de una de las composiciones más “raras” del repertorio de Glass. No tanto por la música en sí sino porque, pese a haber sido escrita en 1968, no aparecía en ningún catálogo de obras del artista hasta que en 2003 fue grabada por los miembros de Alter Ego (no en 2013 como indica Nicolas Horvath en sus propios comentarios). No existía referencia alguna en entrevistas, reseñas de conciertos ni en ningún otro sitio pese a que el propio Glass afirma que fue una de las primeras obras que escribió para la Philip Glass Ensemble y que en su momento la interpretaron en varias ocasiones. También señala el compositor en los comentarios de la grabación de Alter Ego que se trataba de una pieza concebida para los ensayos más que de una pieza para concierto en sí, cuestión que puede explicar su ausencia en casi todos los listados de obras que existían hasta hace poco. La partitura original era para grupo por lo que esta versión para piano de una de las primeras piezas puramente minimalistas de Philip Glass aparece aquí com estreno mundial.

“The Sound of Silence” - Cerrando el disco y también la serie de cinco volúmenes que Horvath tituló “Glassworlds” encontramos una auténtica rareza. Aunque pertenecen a mundos musicales muy diferentes, Paul Simon y Philip Glass son amigos desde hace tiempo y han colaborado ambos en trabajos del otro. Glass realizó una brillante coda orquestal para la canción “The Late Great Johnny Ace” que aparecería en el disco “Hearts and Bones” de 1983 del cantante. En justa reciprocidad, Simon escribió algunos textos para el ciclo de canciones de Glass titulado “Songs from Liquid Days” poco tiempo después. En 2007, con ocasión de la entrega de los Premios Gershwin que otorga la Biblioteca del Congreso de los Estados Unidos, Glass realizó una transcripción para piano de “The Sound of Silence”, la famosa canción de Paul Simon, galardonado en esa edición. Horvath presenta aquí la primera grabación en disco de la misma indicando que es la única vez que Glass ha hecho una transcripcion de una composición ajena. Aunque este último punto no es exacto (ya transcribió diversas piezas clásicas de música india para orquesta occidental en la banda sonora de “Chappaqua”), la versión es una curiosidad muy interesante por comprobar cómo Glass se lleva a su terreno una melodía que ya forma parte de la memoria colectiva de todo el mundo.

Existen ahora mismo tal cantidad de discos con música para piano de Philip Glass en el mercado que se hace realmente difícil recomendar uno. Por su vocación completista habríamos de quedarnos con los extensos volúmenes grabados por Jeroen Van Veen y con la serie “Glassworlds” de Horvath por ser ambos una buena forma de tener (casi) toda la obra del músico para ese instrumento aunque ni siquiera juntando ambos conseguríamos tenerlo todo. Aún faltarían piezas sueltas o la versión de Michael Riesman de la banda sonora de “Dracula” además de varias obras que aparecen grabadas por uno de los pianistas pero no por el otro. En todo caso, y dado lo reciente que aún están los cinco volúmenes de “Glassworlds”, podrían ser un buen punto de partida para hacerse con un Glass muy accesible.



Infodad (1st December 2017 - transcentury blogspot) confirm Nicolas Horvath as a first-rate interpreter of this material +++

The value of hearing Philip Glass’s music remains very much a matter of personal opinion. The continuing Grand Piano releases called Glassworlds do nothing to make Glass’s approach more congenial – or less – but they certainly confirm Nicolas Horvath as a first-rate interpreter of this material. The music itself, though, remains distinctly unidimensional, its unending repetitiveness either haunting or soporific, depending on each listener’s viewpoint. All the works on the latest Glassworks release are world première recordings, except for Mad Rush, but there is nothing particularly revelatory here. Glass sounds like Glass – and nowadays like a whole host of other composers who believe that hypnotic repetition bordering on obsessiveness is a strong foundation for audience communication. Mad Rush, for example, tries to contrast peacefulness with drama, but it is the work’s lulling aspects that come across most strongly. It is in the nature of Glass’s music that Metamorphosis Two draws from the same wellspring of quiet repetitiveness, and although there is indeed something metamorphosing here, what changes does so with extreme gradualness. As for 600 Lines, much of it sounds like the noise made by old-fashioned piano tuners (in the days before electronic tuning) as they tried to ensure that an instrument was ready for a performance. The shortest and in some ways most interesting piece here is by far the least typical of Glass: it is his only transcription, of Paul Simon’s The Sound of Silence. It is a nicely managed re-creation that, however, does not really add anything to Simon’s original. There is nothing especially enlightening about Glassworlds, Volume 5—Enlightenment, which gets a (+++) rating but will, of course, be highly appealing to those who cannot get enough of Glass’s musical approach.



Jean-Marc Warszawski (musicologie.org 22 juin 2017)

Après le 4e cédé d’une série consacrée à l’intégrale des œuvres de Philip Glass, voici avec un peu de retard (sorti en octobre 2016), le 5e et dernier, pour les quatre-vingts ans du compositeur. On y trouve son œuvre la plus connue, Mad Rush de 1979, sa pièce la plus radicale, voir la plus dépouillée, proche de l’art brut,  600 Lines, de 1967, et la seule transcription qu’il a réalisée, d’une œuvre d’un autre compositeur, The Sound of Silence, de Paul Simon, créé le 22 mai 2007 au Warner Theater de Washington.



Gramola.at

Philip Glass' Klavierwerke sind bei Horvath also in den besten Händen, denn in seiner Persönlichkeit vereinen sich spieltechnische Könnerschaft und das gewisse Quäntchen Pop-Feeling, das man für Glass' minimalistische Klanglandschaften eben auch benötigt.

Grand Piano hat mit dem monegassischen Pianisten Nicolas Horvath den ersten Zyklus der Klaviermusik von Philip Glass aufgenommen, und auch auf der fünften Folge der aufsehenerregenden Serie gibt es neue Weltersteinspielungen. So spielt der preisgekrönte Pianist Glass' Arrangement des berühmten Paul Simon-Songs The Sound of Silence ebenso wie das wichtige, 40-minütige Stück 600 Lines. Nicolas Horvath gilt als führender Philip Glass-Spezialist auf dem Klavier und wird von seinem Endorser Steinway immer wieder für 12-stündige "Glass-Marathons" gebucht.



Stephen Smoliar (The Examnier – 24 October 2017)

A little over a week ago, Grand Piano released the fifth volume of Glassworlds, the project of pianist Nicolas Horvath to record the solo piano works of Philip Glass. The title of the album is Enlightenment. It features the longest uninterrupted track (a little over 40 minutes) that Horvath has recorded to date. This is “600 Lines,” one of the first two pieces composed for the Philip Glass Ensemble in 1968 and originally scored for winds and synthesizer. This album is the premiere recording of the composition performed as a piano solo.

As I have previously written, my own first contact with Glass took place at a performance by the Philip Glass Ensemble at the Solomon R. Guggenheim Museum in New York in the spring of 1970. There were three pieces on the program, each about twenty minutes in duration; and I have tried to reconstruct what they were. On the basis of sources I have consulted, my current conjecture is that they were “Music in Similar Motion,” “Music with Changing Parts,” and “Music in Fifths.” This was my first exposure to Glass’ “music with repetitive structures” technique. It did not take me long to “get it;” and, back in those days when there was a serious threat that making music might get taken over by abstract mathematicians (I was writing a doctoral dissertation in applied mathematics at the time), Glass’ music was a welcome breath of fresh air.

I wonder if I would have reacted to Glass quite as positively had my very first experience been of the uninterrupted 40 minutes of “600 Lines.” I suspect that the mathematician in me would have been fascinated with its almost obsessive approach to working with a bare minimum of motivic material that is then subjected to extensive permutation and combination. The question, however, is whether I would have succumbed to enough-is-enough exasperation before the piece had concluded; and that question would be coupled with just when that sense of “enough” overtook my listening capacity.

I find it interesting that there is no mention about the signification of the title “600 Lines” on the Philip Glass Web site, either in Glass’ own notes for the Compositions section or in those by Ivan Moody for the Alter Ego recording Web page. In contrast to the rethinking of counterpoint and harmony that I had encountered at the Guggenheim, “600 Lines” is obsessively monodic, consisting entirely of what at least can be notated as a single line. I use that hedge phrase because there is a plethora examples of how Johann Sebastian Bach could write something that way that still embodied elaborate structures of both counterpoint and harmony. Whether it is possible to find 600 separate “lines” in “600 Lines” may be a challenge for analysis; but I am not sure that the results would have much impact on the listening experience.

This takes us back to the enough-is-enough issue. I think that age has granted me a gift of greater patience when dealing with extended durations. Those who have been following me for some time know of the satisfaction I can get from listening to the symphonies of Anton Bruckner; and, while there is no mistaking Glass for Bruckner, it may be that the stance of the listener does not have to vary as much as one might suspect. Both of these composers are best enjoyed by the listener willing to let go of any “conventional” expectations and just let things happen. If one simply accepts a rhetoric in which repetitions are frequent but are consistently transformed into new repetitions, one can actually settle rather comfortably into the act of listening to “600 Lines” without succumbing to the enough-is-enough syndrome. Some Zen monk might call this a state of “enlightenment,” which might explain Horvath’s choice of title for the album; but, personally, I see no reason to let verbal semantics interfere with this particular approach to music-making.

The other major work on the album is “Mad Rush,” whose duration is about half that of “600 Lines.” Grand Piano’s advance material for this piece describes the structure as “something like a hidden sonata form.” This strikes me as being more appropriate for a graduate student in a desperate search for a thesis topic than for setting a context for the curious and sympathetic listener. “Mad Rush” may have had its origins in the classical concept of preceding an opening allegro movement with an adagio introduction; but, on the full twenty-minute scale of “Mad Rush,” structure comes down to the tension of oscillation between two senses of pace. (The noun “tempo” sounds a bit too dispassionate for music whose rhetoric comes off as far more personal.)

This is music most likely to resonate with anyone living in a major metropolis. The title refers to the inevitable chaotic hustle and bustle that a pedestrian is likely to encounter on just about any street, and Glass captures that with repetitive arpeggios that almost depict that street scene as Brownian motion. (Think of how many of the visual images captured by Godfrey Reggio in Koyaanisqatsi, accompanied by Glass’ music, can be taken, when seen from the distance that Reggio establishes, as Brownian motion.) In that “metropolitan” setting, the alternating adagio sections may be taken as the quiet seclusion of solitude.

All of this unfolds as yet another instance of Glass working with repetitive structures. However, Horvath plays this music with considerable attention to the dynamic level of every note, even within the thickest textures of superimposed arpeggios. Thus, it does not take long for the attentive listener to realize that, while the structures of the marks on the score page may be repetitive, the performance itself has a rhetorical shape of its own that enhances the surface structure of repetition with the deep structure of something more like a journey. This may be what the writers of the advance material had in mind for “a hidden sonata form;” but I have my doubts!

Not too long ago I was fortunate enough to listening to Glass himself play “Mad Rush” at a special Gala concert honoring the retirement of Ruth Felt, founder and President Emeritus of San Francisco Performances. Glass has observed that he has written piano music to keep his hands in shape as he gets older. However, his performance of “Mad Rush” was more than a “therapeutically” elaborate five-finger exercise; and it did not take long for me to settle into thinking about this music as a journey. Horvath’s recording seems to be thinking along the same lines; and, for all of my preferences for listening to music in a concert setting, the version of “Mad Rush” on this album comes very close to being just as satisfying as my recent “live” experience.

“Mad Rush” and “600 Lines” are separated by the second of the five “Metamorphosis” pieces that Glass composed for solo piano in 1988. Horvath had already recorded this as part of piano versions of the complete set (all of which began as instrumental compositions) in the third volume of his project. I am not sure that there is a need for two separate performances of this piece (and, given the times on the track listenings, they appear to be distinct performances); but the idea of a “spacer” between the two long works on the album is definitely appreciated. Somewhat more amusing is the “coda” for the album, which is Glass’ own arrangement of Paul Simon’s “The Sound of Silence,” whose primary objective seems to be to assure the listener that Glass can be as comfortable with schmaltzy rhetoric as any other composer! One might almost call the arrangement a “remembrance of things Lisztian” (even if the point of reference would probably be late Liszt)!



Jean-Luc Clairet (ResMusica - 24 October 2016) : A Emporter, "Le Piano de Glass En Cinemascope"

Ce volume 5 de ce qui pourrait être une intégrale de la musique composée ou transcrite pour piano du grand compositeur américain par Nicolas Horvath fait voisiner, à l’instar des volumes précédents, classiques et inédits, et fait entendre une approche inhabituelle de pièces que l’on pensait figées à jamais dans le marbre d’une esthétique.

« Je suis certaine qu’un jour il réalisera quelque chose de très important dans le monde de la musique », prophétisa Nadia Boulanger au sujet de son élève américain. Bien vu ! Philip Glass, à 79 ans, est aujourd’hui « le compositeur-pas-encore-mort » le plus fêté par les spécialistes autant que par le grand public qu’il a su toucher au moyen d’un style populaire et exigeant qui n’appartient qu’à lui. La nuit blanche Glassworlds que Nicolas Horvath a donnée le 1er octobre dernier à la Philharmonie de Paris a vu, au terme de onze heures non stop, le public rappeler le jeune pianiste durant plus d’une heure. De mémoire de mélomane, l’on n’avait pas vu cela depuis la grande époque Chéreau/Boulez à Bayreuth ! Cadeau pour les glassiens et pour le compositeur qui, s’il avait été là, aurait vu défiler toute sa vie.

Le style de Nicolas Horvath, en vrai comme au disque, est tout autre autre que celui de ses devanciers (le compositeur, son alter ego Michael Riesman, Paul Barnes, Maki Namekawa). Quand il n’est pas d’une infinie douceur, confronté à la mélancolie récurrente de cette musique, le doigté affiche une virtuosité qui évoque les défis lisztiens. L’impression initiale d’un jeu un brin démonstratif laisse ensuite place au sentiment que le pianiste, amoureux fou d’un compositeur qui le bouleverse autant que Chopin, veut offrir à sa musique née de l’intime (Glass dit avec humilité que ses propres Études ont fait de lui-même un meilleur pianiste ! ) le cinémascope des Steinways, des grandes salles de concert (Horvath a joué en 2015 la première intégrale des Études à Carnegie Hall). Le piano de Glass en technicolor : certes inhabituel pour les gardiens du temple glassien mais assurément convaincant dans l’absolu.

Après avoir révélé le superbe Dreaming awake sur le volume 1, l’irrésistible A secret solo et Piano Sonata n° 2, une pièce d’avant le « grand coup de pied dans la fourmilière sérielle » (ainsi que le dit avec humour le compositeur lui-même) sur le volume 3, fait tenir, moyennant quelques reprises et tempi, les 20 Études sur un seul CD, Horvath ouvre le cinquième chapitre de Glassworlds avec la matrice Madrush, dans une version idéalement maîtrisée et plus longue que celle de 1989 sous les doigts du compositeur. Ayant visiblement été très à l’affût des concerts solo de Glass, Horvath enchaîne avec une nouvelle version d’un recueillement extrême d’une de ses plus belles pièces, Metamorphosis Two, puis avec le grand écart compositionnel d’une première mondiale : 600 lines, radicale composition de 1968 pour vents et synthétiseur conçue comme exercice pour le frais émoulu Philip Glass Ensemble d’alors mais qui n’est que jeu pour le pianiste français d’aujourd’hui.

En conclusion une transcription très émouvante par Glass du tube de Paul Simon The sound of silence achève de faire naître l’idée que, sous les doigts de Nicolas Horvath, la France rend à Philip Glass le statut qu’elle lui a longtemps dénié : le classique qu’il est devenu.



David Barker ( Music Web International – November 2016)

I encountered this series for the first time with the previous volume, attracted by the piano version of the soundtrack of The Hours (review). Having enjoyed that, it was logical to ask for this new release to review. That the two major works were relatively early ones made me somewhat reticent, because it is Glass of The Hours that most appeals to me, the early hard-core minimalism less so.

As it eventuated, I was right to be wary but only in respect of one of the two early works. Unfortunately it is the one - 600 Lines - that occupies more than half the running time. It is described as an “obsessive and hypnotically restless toccata” which does give some sense of it. It came at the end of Glass’s studies with Ravi Shankar and is constructed from five pitches, which very slowly mutate. It may be of interest in terms of what can be done with such limited resources but it is certainly doesn’t make for easy listening. If I had been playing this as an LP, I would have concluded that the stylus had become stuck but even so I checked that the CD timer was progressing. Lest I be accused of being simply intolerant of this type of work, I enjoy greatly the 160 minutes of Simeon ten Holt’s Canto Ostinato, with which it has much in common.

Mad Rush is described as one of Glass’s “keystone works”, showing the direction that his music would take. Certainly, it is very clear to see where The Hours music comes from. Yes, there is repetition but there is also progression, melody and warmth; all things which distinguish it from 600 Lines.

Metamorphosis I-V were included in Volume 3, and the work here is described as a further evolution, one that is very subtle. I have to admit that the differences are hard to spot. Though nowhere in the notes for either volume is it suggested that Metamorphosis II (or Two) share music with The Hours, they surely do.

Finally, we have what is believed to the only arrangement of another’s music that Glass has made. It is fascinating to hear the much-loved Simon melody thrive under the Glass treatment. I felt disappointed when it finished so soon.

Nicolas Horvath plays this music wonderfully well: warm and expressive or cold and mechanical as required. His notes are again excellent, and the Fazoli piano sounds glorious.

If you appreciate all of Glass’s styles, then this will provide great satisfaction. If like me, your tastes run to the more melodious end of the spectrum, ignoring forty minutes of the recording does make it harder to justify.



Jean-Baptiste Baronian (28 November 2016- Cescendo Magazine.be) Rating : Son 9 – Livret 8 – Répertoire 8 – Interprétation 10

Au début du mois d’octobre dernier, le pianiste français Nicolas Horvath s’est prêté dans la salle de la Philharmonie de Paris (à la Cité de la musique) à une performance peu ordinaire : jouer toute l’œuvre pour piano seul de Philip Glass en continu. Il a choisi de l’interpréter par ordre chronologique de composition – ce qui représente grosso modo douze heures de musique d’affilée. On peut aujourd’hui en avoir un aperçu partiel grâce à ce CD, le cinquième de la collection « Glassworlds » intitulé Enlightenment (Illumination), où sont réunies quatre pièces : Mad Rush, Metamorphosis Two, The Sound of Silence et 600 Lines. Il y va ici du premier enregistrement mondial de la version pour piano de cette dernière œuvre que Philip Glass avait écrite en 1967. C’est, au vrai, une sorte de toccata à la fois obsédante et « hypnotique », pour reprendre le terme utilisé par Nicolas Horvath lui-même. Elle représente, dit-il, « le zénith de l’ensemble des travaux et expérimentation » du compositeur américain « avec Ravi Shankar et des leçons particulières avec Alla Rakha » (considéré comme le plus grand joueur de tablâ du XXe siècle). Comme elle dure quarante minutes et qu’elle est « la réitération de cinq hauteurs de son (do, ré, mi, fa et sol) en mutation constante », elle exige de la part de son interprète non seulement une concentration de tous les instants (ce qui va de soi), mais surtout un sens profond du rythme – du rythme devenu en l’occurrence un mouvement perpétuel presque magique. On se dit d’ailleurs que 600 Lines pourrait durer une heure, ou deux, ou trois, et même davantage, et constituer une pulsation infinie, inépuisable.

Les inconditionnels de Philip Glass vont sans nul doute adorer ce disque. Ceux qui ne le sont pas risquent, eux, de s’en détourner dès les premières mesures (à supposer que cette notion si classique ait encore un sens dans la musique répétitive).